Clap Ciné

[16-01-2019]


Chaque mercredi, à 14h, André Ceuterick vous livre sa critique de deux des sorties ciné de la semaine. A lire ici :

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Sorties du 16 janvier

Colette

Un biopic réalisé dans la tradition américaine, soigné, formaté, avec un scénario plutôt lisse et une star (Keira Knightley, "Pirates des Caraïbes) pour porter le rôle et le film, ce qu'elle fait d'ailleurs avec talent et efficacité.

En 1893, Gabrielle Sidonie Colette, jeune fille à l'esprit plutôt rebelle, venant de sa bourgeoisie pauvre, épouse Willy de 14 ans son aîné, écrivain égocentrique et grand séducteur. Grâce à ses relations, elle découvre le milieu artistique parisien qui stimule sa propre créativité. Willy a flairé le talent de sa femme et l'autorise à écrire, à condition qu'il signe ses romans à sa place. Grâce au succès de Claudine à l'école et de la série des Claudine, il devient célèbre mais Colette souffre de ne pas être reconnue pour ce qu'elle est réellement...

De son côté, Willy multiplie les infidélités, alors que Colette connaît plusieurs relations homosexuelles... Le personne est fort et intense, humainement et psychologiquement riche, potentiellement du moins.

De mes lectures, je me souviens d'une héroïne passionnée et assez sulfureuse mais le réalisateur Wash Westmoreland en fait une héroïne assez conventionnelle dont il retrace, de manière assez lisse, les principales étapes de la vie : sa jeunesse, sa rencontre avec Willy, son mariage arrangé, ses désillusions de l'anonymat, etc. Alors que Colette était, de toute évidence, une femme moderne, en avance sur son temps, non conformiste, qui vivait pleinement ses amours féminines.

Le film est juste et bien fait, mais sans audace ni ingéniosité. Au contraire de Colette elle-même. Dommage.

 


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Une jeunesse dorée

De Eva Ionesco, dont c'est le deuxième long-métrage en tant que réalisatrice, comme pour ses seconds rôles et ses prestations plutôt comiques.

L'époque de son film, ce sont les années 1970-1980, les années dites Palace, du nom du célèbre Club, haut lieu de la nuit où se retrouvaient les artistes, les personnalités et les belles de nuit, en quête de plaisir et de liberté.

Rose, une jeune fille de 16 ans issue de la DASS, et son fiancé Michel, 22 ans, jeune peintre désargenté, vivent leur première et grande histoire d'amour. De fêtes en fêtes, ils vivent au jour le jour, au gré des opportunités et des rencontres improbables de la nuit.

Lors d'une soirée, ils font la connaissance de Lucille et Hubert, un couple de riches oisifs et libertins qui va changer leur existence.

Dans "Une jeunesse dorée", il y a d'abord le contexte de cette période folle et scintillante qu'a vécue elle-même Eva Ionesco et dont elle se souvient avec une ferveur un peu nostalgique. Puis, il y a les deux couples, le premier sous la coupe du second, entre lesquels se développe un jeu de pouvoir, de séduction où l'argent et l'aisance de vie de Lucille et Hubert font céder les réticences de Rose et Michel et les 'couples' de se reformer autrement.

L'ensemble donne une impression un peu glacée (comme l'esthétique de la mise en scène) de désenchantement voire d'inutilité et même si Eva Inonesco tend parfois à la transgression et à la subversion, il n'y a finalement que peu de relief et peu d'intensité dans cette histoire où les personnages semblent eux-mêmes voués à une sorte de futile errance et vivent comme s'ils voulaient échapper à l'ennui. 

Isabelle Huppert et Melvil Poupaud forcent un peu sur leurs rôles de bourgeois quinquagénaires décadents, quant aux deux jeunes Galatea Bellugi et Lukas Ionesco (le fils de la réalisatrice), ils semble un peu à côté de leurs pompes.




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